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Un début progressif. Comment T est devenue dépendante à l'alcool

 

Sarah Rouquette psychologue clinicienne spécialisée en thérapies cognitives et comportementales (TCC) ayant travaillé plusieurs années en centres spécialisés pour la prévention, l’accompagnement des addictions et le traitement de la dépendance chez les usagers de drogues nous présente un cas concret :

 

T, 38 ans a commencé à consommer de l’alcool très jeune dans un cadre festif exclusivement. A la suite de nombreux évènements difficiles (deuil, divorce, échecs amoureux…) elle a commencé à consommer de l’alcool chez elle : juste un verre de temps en temps le soir exclusivement, puis progressivement, ce verre est devenu systématique pour :

 

  • pouvoir s’endormir,
  • se faire du bien
  •  ne plus penser....

 Cette consommation a continué et a augmenté au fur et à mesure des mois.

De plus en plus, le soir après le travail elle a hâte de rentrer chez elle, de « souffler un peu » et de se sentir soulagée par ces petits verres devenus quotidien.

 

Elle s’isole car elle a honte du regard des autres. Elle se dit qu’une femme ne devrait pas boire comme ça, et de plus en plus déprimée et seule, elle en a de plus en plus besoin.

Chaque jour qui passe elle ne pense pas qu’à ça : boire. Ça occupe toutes ses pensées. Elle organise et planifie sa journée en fonction de sa consommation, et plus elle en a besoin, et plus elle doit augmenter les doses pour obtenir le même effet. Le cercle vicieux est lancé. Puis, un jour, elle arrête complètement d’aller au travail.

 

Actuellement, elle consomme environ 3 bouteilles de vin par jour. Son seul lien avec l’extérieur c’est au supermarché avec les caissières qu’elle connait bien. Parfois, elle peut aller dans les bars pour « voir un peu du monde et parler ». Elle souffre de cette situation, développe des problèmes de santé, des problèmes dans sa gestion de la colère renforçant l'isolement, prend du poids et décide un jour, enfin de consulter pour se faire aider....

Et l'entourage dans tout ça?

 

L’entourage a souvent du mal à comprendre ce que c’est et comment agir avec la personne. On pourra alors entendre dire « c’est que t’as pas vraiment envie d’arrêter » et suggérer que la personne manque de volonté.

Les paroles blessantes et le manque de soutien social peuvent favoriser le repli et accroitre le comportement addictif.

 

Distinguons bien ici le soutien social réel et le soutien social perçu : un exemple pour bien comprendre. Admettons que vous ayez plein d’amis virtuels sur Facebook, des membres de la famille très présents qui prennent des vos nouvelles, des amis qui ne demandent qu’à vous voir, mais qu’au delà de ça, vous vous sentiez plutôt seul/e et incompris/e.

Un sentiment d'isolement tel, que vous ne prenez même pas la peine de parler de vos problèmes pour éviter des critiques ou des erreurs d’interprétation : c’est cela la différence entre soutien social réel et perçu. Le problème c’est quand on s’isole et ne peut plus bénéficier de ce soutien quand il est possible.

 

Ici, le plus important est surtout le soutien social perçu, et des études montrent qu’il peut faciliter la guérison y compris des cancers, ce qui nous rappellent l’importance du facteur psychologique dans la santé générale (études en psychologie de la santé) !

Dans le cerveau d'un/e addict que se passe t-il ?

 

L’addiction est une pathologie cérébrale marquée par une dépendance dont le système (ou circuit) de la récompense est altéré. Ce n’est donc pas une faiblesse ou juste une question de volonté, comme on peut souvent l’entendre, bien que la motivation soit nécessaire pour changer ses habitudes, point qu’il est possible de travailler en thérapie en amont.

 

Le circuit de la récompense, comme son nom l’indique désigne un circuit au sein du cerveau qui se retrouve activé lorsqu’un comportement provoque du plaisir. Ce circuit est vital pour l’espèce car il permet de reproduire un comportement lié à sa survie et notamment aux besoins primaires comme l’alimentation ou le sexe. Chez les addict, ce circuit est dysfonctionnel entrainant le manque, et la tolérance : explications en vidéo…

Système de récompense et addiction

Pour en savoir plus vous pouvez aussi regarder cet excellent site ici aui explique en plusieurs niveaux la dépendance...

On né dépendant ou on est dépendant ? La poule ou l'oeuf ?

 

On ne peut pas encore dire de manière certaine si le circuit de la récompense est dysfonctionnel dès la naissance ou si une peu une question de loterie où tout le monde pourrait le devenir.

 

Il semblerait toutefois que les études montrent plutôt que l’on aurait ou pas une vulnérabilité génétique initiale au niveau du système dopaminergique qui s’aggraverait suite à des évènements de vie particulier ou à des troubles comorbides comme la dépression qui constituent des facteurs de risque.

 

A noter que les études en neuropsychologie et psychopathologie cognitive montrent que ce ne serait peut être pas uniquement des facteurs de risque, mais le signe de particularités du traitement de l’information communes (processus psychologiques cognitifs) pouvant affecter des réseaux neuronaux communs dans plusieurs plusieurs pathologies (exemple dépression, TDAH, trouble de la personnalité borderline, troubles anxieux, addictions).

 

On appelle cela l'approche transdiagnostique de plus en plus en vogue actuellement face aux limites des anciens modèles théoriques. Les facteurs environnementaux sont aussi très impliqués et des études devraient également rechercher des liens pendant la vie intra-utérine, les facteurs néo-nataux, ou encore sur l’attachement... 

 

Plus de vidéos, de chiffres, d’info sur le pouvoir addictif des différentes drogues et autres info intéressantes sur le site de l’INSERM ici

POUR EN SAVOIR PLUS 

Comment savoir si je suis addict; faites le test ici

D'autres articles sur le thème des addictions et de l'addictologie ici

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Pour toute demande de thérapie dans le cadre d’une addiction au sein du cabinet, contacter Sarah Rouquette ou prenez RDV sur Doctolib ici  (motif "consultation d’addictologie"). Pour les évaluations psychologiques choisissez le motif "bilan-premier entretien"

 

Sarah Rouquette, psychologue spécialisée en TCC & en addictologie

Alexandra Milazzo, psychologue spécialisée en neuropsychologie & sophrologue

 

Merci pour votre lecture & surtout restez curieux 


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