Vous saurez tout sur les addictions, les grandes, les petites, les vraies, les fausses...

On dit souvent qu’on peut être « addict » à tout, que s’en sortir ce n’est qu’une question de volonté, que tout le monde est un peu « addict »... Vrai ? Faux ? Qu’en penser ? 

UN PETIT TEST... EST-CE QUE VOUS VOUS RECONNAISSEZ ? 

- Prenez un comportement pour lequel vous pourriez suspecter d'être accro (ex : Facebook, le chocolat, l'alcool, les jeux vidéos, le sport, le sexe etc..)

- En gardant ce comportement en tête, essayez de voir si les critères ci-dessous s'appliquent à votre cas

 

Les critères de l'addiction selon Goodman 

 

A. Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser ce type de comportement.

 

B. Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement.

 

C. Plaisir ou soulagement pendant sa durée.

 

D. Sensation de perte de contrôle pendant le comportement.

 

E. Présence d’au moins cinq des neuf critères suivants :

 

  • Préoccupation fréquente au sujet du comportement ou de sa préparation. 

 

  • Intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaitées à l’origine. 

 

  • Tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement. 

 

  • Temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre. 

 

  • Survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiale ou sociales. 

 

  • Activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures sacrifiées du fait du comportement. 

 

  • Perpétuation du comportement, bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un problème persistant ou récurrent d’ordre social, financier, psychologique ou psychique. 

 

  • Tolérance marquée: besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité. 

 

F. Agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.

 

Allez, maintenant on vous explique tout en version résumée pour vous éclairer...

 C'EST QUOI UNE ADDICTION ? UNE VRAIE ?

L’addiction se définit par « un processus par lequel un comportement, qui peut fonctionner à la fois pour produire du plaisir et pour soulager un malaise intérieur, est utilisé sous un mode caractérisé par l’échec répété dans le contrôle de ce comportement et la persistance de ce comportement en dépit des conséquences négatives significatives. » (Goodman, 2008).

En d’autres termes, cela veut dire que n’importe quels comportements ou substances qui nous apportent du plaisir peuvent se transformer en addiction, que ce soit du tabac, autres drogues (licites comme le café ou illicites comme la cocaïne) ; mais également, les jeux-vidéo, les jeux de hasard et d’argent, les achats, le sexe, le sport, le travail ou encore le chocolat.… A propos, en parlant de chocolat, saviez-vous que des expériences ont montré que si des rats avaient le choix entre consommer du sucre, ou de la cocaïne, ils préféraient le sucre?

A ce sujet, le Professeur Di Nicolantonio a dit au journal The Guardian «Chez les rongeurs, le sucre est plus addictif que la cocaïne, donc le sucre est probablement la substance addictive la plus consommée au monde, et cela fait des ravages sur notre santé.» Ça a de quoi faire réfléchir n’est-ce-pas?

UNE SIMPLE QUESTION DE PLAISIR ?

Heureusement, c’est plus compliqué qu’une question de plaisir. Cette seule notion de plaisir ne définit pas une addiction, sinon nous le serions tous (le site de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies l’OFDT nous en apprend plus sur les chiffres importants en 2019. Pour en savoir plus cliquez ici ) !

Une addiction est un trouble psychiatrique qui ne se limite absolument pas à une difficulté à résister à un petit plaisir… Il manque la perte de contrôle. C'est un critère clé au diagnostic qui entraine des effets délétères sur la santé.

Pour parler d’addiction, la souffrance est telle qu’elle a des conséquences nettes qui peuvent toucher la vie familiale, professionnelle et sociale... Bien que dans la majorité des cas, la consommation s’installe de manière festive, notamment pour les drogues licites et illicites, l'addiction enferme à long terme les personnes dans un isolement où seul le fait de consommer a de l’importance. Chaque aspect de la vie de la personne fini par être orienté vers la consommation de sa drogue ou de son comportement addictif.

EST-CE QU’ON PEUT ÊTRE ACCRO À PLUSIEURS CHOSES EN MÊME TEMPS ?

Ce n’est pas toujours le cas, mais on parle de « personnalités addictives » dans le langage commun. Cela fait plutôt référence aux personnes plus sujettes que d’autres à l’hédonisme, mais ce ne sont pas de vraies addictions dans la majorité des cas.

Quand c’est le cas, on parle de polyaddictions. Elles sont d’ailleurs souvent associées à une dépression, à des troubles anxieux, des troubles du sommeil, une baisse de la confiance en soi et d’estime de soi, mais aussi à des troubles de la personnalité (notamment borderline), ou encore à un trouble déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). C’est ce qu’on appelle les facteurs comorbides des addictions, mais cela dépend aussi du type d’addiction et bien entendu de l’individu avant tout !

Notons aussi, que bien que cela ne soit pas une pathologie, on peut régulièrement retrouver une tendance à l’addiction chez les personnes à fonctionnement dit à haut potentiel intellectuel (ou surdoués). Nous publierons d'autres articles sur cette catégorie particulière de personnes ici

Attention également au piège du déplacement des addictions où je remplace mon addiction au tabac par exemple par une autre addiction comme celle au sport par exemple sans régler le problème de fond. Dans ce cas là je reste bien prisonnier de l’addiction, même si je l’estime plus saine.

Heureusement il existe des thérapies qui préviennent cela ainsi que les rechutes ! 

EN RÉSUMÉ

On peut tous se sentir addict à quelque-chose, voire à quelqu'un, mais la majorité d'entre nous ne le sont pas. Ce qui fait surtout la différence, c'est la notion de perte de contrôle, et la notion de souffrance avec un impact néfaste sur sa qualité de vie. Il y a aussi des différences neuro biologiques dans le cerveau des addict versus non addict. On vous en parle dans un prochain article très bientôt :)

POUR EN SAVOIR PLUS 

Nos prochains articles sur le thème des addictions et de l'addictologie ici

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Pour toute demande de thérapie dans le cadre d’une addiction au sein du cabinet, contacter Sarah Rouquette ici ou prenez RDV sur Doctolib ici  (motif "consultation d’addictologie").

Pour les évaluations psychologiques contacter Alexandra Milazzo ici ou prenez RDV sur Doctolib ici (motif "bilan-premier entretien") 

 

Sarah Rouquette, psychologue spécialisée en TCC & en addictologie

Alexandra Milazzo, psychologue spécialisée en neuropsychologie & sophrologue

 

Merci pour votre lecture & surtout restez curieux 


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